59% des liens partagés sur Twitter ne sont jamais cliqués

Voici les résultats d’une étude dite scientifique réalisée par des chercheurs français et américains sous la direction du Centre de recherche INRIA de Sophia Antipolis (Nice) et qui concerne le partage des liens sur .

Chiffres Twitter

Le fichier de cette étude est hébergée sur les serveurs de l\’archive ouverte pluridisciplinaire HAL appartenant au CNRS.

J’apporte ces précisions pour attester du côté scientifique de l’étude que je vous invite à consulter ici. Vous y apprendrez beaucoup de choses en dehors de la partie des partages sur Twitter que je vais vous exposer ci-dessous.

Toujours est-il que cette étude, qui est aussi une collaboration entre et Columbia University (USA), nous révèle que, finalement, Twitter ne serait pas le lieu idéal pour la découverte de vos contenus.

Méthodologie de l’étude sur Twitter

Selon cette étude, en fusionnant les URLs pointant vers un même article, les chercheurs ont trouvé que sur 10 articles cités sur Twitter, 6 qui concernaient en général des sujets de niche ne sont jamais cliqués.

Plus précisément, 59% des URLs partagées sur Twitter ne sont jamais cliquées pour être lues. Ces URLs sont qualifiées de silencieuses par les chercheurs.

Pour la simple raison que les URLs silencieuses sont si communes qu\’elles représentent réellement une fraction importante (15%) de l’ensemble des partages recensés sur Twitter, soit plus d’1 URL sur 7.

Un paradoxe toutefois, c’est que cela semble plus largement concerner les contenus de niche dont les utilisateurs sont prêts à en parler plutôt que les contenus sur lesquels ils sont réellement prêts à cliquer là-dessus.

L’étude a porté sur 5 sites d’actualités populaires sur Twitter. A savoir : BBC, CNN, Fox News, The New York Times et The Huffington Post. Les données ont été recueillies sur une période d’un mois et incluent un total de 2,8 millions de Tweets qui ont généré 9,6 millions de visites sur 59.000 pages Web.

Le modèle blockbuster et le bouton de partage social

L’étude a conclu que, bien que la publicité reste un moyen efficace pour faire connaître un contenu, la grande majorité des succès des sites est vraiment due à un effet de longue traîne des URLs de niche.

Par conséquent, le modèle spécifique des clics créés depuis les réseaux sociaux favorise clairement le modèle blockbuster basée sur la popularité. Ainsi, les rares URLs de niche, quels que soient leurs nombres, sont vues en général par très peu d’utilisateurs globaux et n’ont donc aucun effet sur les clics. Tandis que les URLs qui réussissent sont vues par un grand nombre des utilisateurs.

Les chercheurs français et américains de cette étude déclarent dans leurs conclusions que leurs résultats montrent que le partage d’information sur les médias sociaux joue un rôle essentiel pour les actualités en ligne.

Ces partages complétant la curation offerte traditionnellement à travers les titres d\’articles.

Ces deux formes de sélection de l’information apparaissent étonnamment similaires: en curation traditionnelle, 2% des articles choisis produisent une fraction disproportionnée (près de 39%), des clics.

Le processus du partage sur les médias sociaux se traduit également par une minorité d’URLs secondaires (celles qui sont cliquées au moins 90 fois, soit environ 7 % d\’entre elles) qui reçoivent près de 50 % du trafic à partir des clics. Ensemble, ces URL blockbuster capture environ 90 % du trafic.

Analyse des chiffres par les chercheurs

Dans cette étude, chaque partage sur Twitter bénéficie généralement d’une très grande quantité de réceptions (Nombre d’utilisateurs potentiellement exposés à un Tweet parce qu’ils suivent celui qui a partagé, sans pour autant qu’ils voient ou lisent forcément le Tweet).

Les chercheurs estiment que 90 % des clics sur Twitter proviennent des URLs avec au moins 150.000 réceptions.

(Cliquez sur l\’image pour l\’agrandir)

Copie d\’écran via Inria.fr

Les chercheurs de l’étude relèvent cependant, qu’avant leur étude, la plupart des analyses des blockbusters ont fait les hypothèses suivantes : puisque les principaux moyens pour promouvoir une URL sont les partages ou les Retweets de cet article à vos followers, on pourrait identifier les blockbusters en utilisant le nombre de fois une URL a été partagée, indiqué sur le Tweet lui-même.

Ce qui motive aujourd’hui l’utilisation du “nombre de partages\ » affiché à côté d’un article en ligne sur divers boutons sociaux tels que Twitter, et autres médias sociaux. On pourrait envisager de même que, dans la mesure où une fraction des utilisateurs cliquant sur un article sur Twitter décident de le retweeter, le nombre de partages serait alors une estimation un peu réduite du lectorat réel d’un article.

Quant au contenu populaire, l’activité de partage n’a pas forcément une corrélation avec les clics. En d’autres termes, une URL peut être beaucoup partagée sur Twitter et générée cependant beaucoup moins de clics.

Via : Maksym Gabielkov, Arthi Ramachandran, Augustin Chaintreau, Arnaud Legout. Social Clicks: What and Who Gets Read on Twitter?. ACM SIGMETRICS / IFIP Performance 2016, June 2016, Antibes Juan-les-Pins, France. 2016.

Auteur : Noel NGUESSAN

Je suis Noel Nguessan, fondateur du site Arobasenet.com qui existe depuis 2007 et a aujourd'hui plus de 6.800 articles. Pour ma part, j'ai intégré le monde de l'internet en 1997 en qualité de créateur de site internet, avant de devenir développeur web et multimédia au début de l'année 2000, avant de basculer naturellement vers le SEO.